Englos

Le jeu glauque de l’acteur de films X dans une triste série Z

 

Roubaix

Une caissière d’Intermarché condamnée pour avoir exfiltré des milliers d’euros de marchandises

 

Le 26 octobre 2013, le vigile du magasin Intermarché de la rue de la Mackellerie, à Roubaix, est intrigué par le comportement d’un client. Ce dernier bourre un caddie de marchandises, sans visiblement se soucier du prix des produits sélectionnés. La personne passe ensuite rapidement à la caisse et disparaît.

« Elle a trouvé une faille dans le système et en a largement abusé. »

L’anecdote aurait pu en rester là. Trente minutes plus tard, même manège. Le consommateur très pressé revient, gave son chariot d’articles et -tout de même- se présente à une hôtesse de caisse. Médusé, le gardien choisit, cette fois, d’examiner le ticket d’achats de ce boulimique. Surprise : rien n’a été réglé et l’acheteur s’est envolé. Avec ses emplettes bien sûr. A. G., une caissière alors âgée de vingt et un ans, est immédiatement relevée de son poste.

Presque cinq ans plus tard, la conversation se poursuit devant les juges lillois. A. G. a été licenciée et son employeur a déposé plainte pour escroquerie. «  A. G. a trouvé une faille dans le système et en a largement abusé  », accuse maintenant Wilfrid Polaert, l’avocat du franchisé roubaisien.

Des chariots à plusieurs centaines d’euros

Ce talon d’Achille se résume en trois mots : mise en attente. Par cette manœuvre, un employé peut suspendre un achat. Si ce dernier n’a pas lieu, les marchandises sont remises en rayon. Pas là, visiblement. « En général, cela concerne un ou deux objets, enrage Me Polaert. Pour quelques euros. Là, on a des chariots à 150 €, 200 €… Jusqu’à 610 € ! » «  Combien de mises en attente avez-vous pratiqué  ? », demande la présidente Audrey Bailleul à la prévenue, en pleurs. La réponse est très évasive.

Comme souvent dans ce genre d’affaire, les autres questions tournent autour de la période -combien de temps ont duré ces manoeuvres ?- et du montant du préjudice. «  Ma cliente admet des mises en attente pour 1 700  € », rappelle l’avocate Mathilde Kasprzyk.

 

Son adversaire, dénonçant un enrichissement personnel, réclame, lui, 14 000 €. Colère de Me Kasprzyk qui met le comportement de sa cliente sur le compte d’«  un climat social dans l’entreprise épouvantable  » et la volonté de «  venir en aide à des familles nécessiteuses  ». Sanction : quatre mois de prison avec sursis et 2 300 € de marchandises à rembourser au magasin.

LILLE

« Il vient, il se sert, il part… » et écope de dix mois de prison pour trois vols

 

Lille

Prison ferme pour avoir dégradé deux cellules du palais de justice

Vendredi 2 mars, en début de soirée, dans les geôles du palais de justice, il y a eu un grand fracas. Trois prévenus qui y attendaient la décision des juges après un passage en comparution immédiate ont descellé le banc d’une cellule. Des dégradations supplémentaires les ont ramenés devant les magistrats.

 

Lundi en comparution immédiate, ils sont trois à la barre. Le plus jeune a l’air complètement effrayé, les deux autres sont un peu plus bravaches. Jusqu’à vendredi, ils ne se connaissaient pas. Le 2 mars, en début de soirée, le hasard les a mis dans la même cellule, lorsqu’après avoir comparu chacun de leur côté l’après-midi même, ils attendaient que le tribunal annonce leur peine  : le plus hardi pour trafic de stupefiants, les deux autres pour rebellion.

Qu’est-ce qui vous a pris ? Comment peut-on détruire un banc volontairement ?

« Qu’est-ce qui vous a pris ? Comment peut-on détruire un banc volontairement ? », les tance le président Jacques Huard. « Parce qu’il bougeait… » sera la seule réponse. Le trio ne s’est pas arrêté là, en déménageant dans une autre cellule. Cette fois, c’est le luminaire qui a été cassé. « Je voulais allumer une cigarette avec les fils électriques, et le globe m’est tombé sur la tête », avance Steven M. le plus hardi et le seul des trois, déjà condamné à de la prison ferme. « On a le droit de fumer en cellule ? Qu’est-ce que c’est que ce comportement ? », s’afflige le président.

« Manque de crainte de la justice »

Le procureur Bastien Madelon requiert des peines jusqu’à six mois d’emprisonnement : « Leur comportement démontre un manque de respect et de crainte de la justice. »

En défense, Mes Vincent Bethouart et Mathilde Kasprzyk ont une autre explication : l’exaspération de longues heures d’attente en cellule. Pour exemple, l’audience ce lundi, s’est terminée à 22h30, certains détenus étaient là depuis tôt le matin après 48 heures de garde à vue.

 

Steven M. (qui a cassé le luminaire) a été condamné à quatre mois d’emprisonnement. Samir L. qui l’a porté sur ses épaules est condamné à quatre mois sans mandat de dépôt et Beddrine B. qui a aidé à desceller le banc à deux mois de prison aménageables.

Lille

En pleine livraison, il découvre un inconnu dans son camion

A. D. Et L. B. | 

Lundi, peu après 20 h 30, rue Jules-Guesde à Wazemmes. Un livreur appelle la police sur le 17. L’homme explique avoir surpris un inconnu dans la cabine de son camion alors qu’il était en pleine livraison. Le voleur aurait tenté de prendre la fuite avec un carton de marchandises, échangeant des coups avec le livreur. Mais ce dernier assure avoir réussi à le stopper et à l’immobiliser. Les policiers n’ont plus qu’à venir en prendre livraison.

Une dizaine de personnes interviennent

Mais à l’arrivée des fonctionnaires, le livreur est seul. Selon ce dernier, l’interpellation de son voleur a provoqué un attroupement rue Jules-Guesde. Une dizaine de personnes seraient intervenues, obligeant la victime à libérer son voleur. Le livreur donne néanmoins une description physique. Et les policiers interpellent peu après un suspect correspondant dans le quartier.

L’homme a été placé en garde à vue et entendu le lendemain par la Sûreté urbaine de Lille. Il est âgé d’une vingtaine d’années. Et, ce mercredi, il a été présenté devant un magistrat puis jugé en comparution immédiate. Il portait des traces de coups au visage, que son avocat, Me Mathilde Kasprzyk, a présentées comme le résultat de violences disproportionnées commises par le livreur pour l’appréhender. Justifiant, donc, l’intervention des passants choqués. Le jeune homme a été condamné à huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

Métropole lilloise

Ils avaient fait du désossage de voitures leur métier

 

Le 17 février dernier, une Clio est volée à Wattrelos. Deux jours, ou plutôt deux nuits, plus tard, la police est appelée par un Tourquennois intrigué. Deux hommes s’affairent frénétiquement autour d’un véhicule installé dans un box. L’habitant soupçonne un vol. Une patrouille est dépêchée sur place.

« Vous êtes un spécialiste du démontage nocturne de voitures »

À sa vue, deux hommes se précipitent à bord d’un autre véhicule, une Citroën C3, et tentent de prendre la fuite. Ils sont rapidement appréhendés. «  Vous êtes un spécialiste du démontage nocturne de voitures  », lance le président Jacques Huard à l’un des deux hommes dans le box. J. H., 28 ans et treize mentions au casier judiciaire, répond presque en expert. Lui est visiblement calé en désossage de berlines. Quand la police a débarqué, lui et son complice s’échinaient à démantibuler la Clio depuis au moins trois heures.

Commande

 

«  On voit que cette Renault est largement démembrée  », note le magistrat. Pour 100 à 200 euros, le duo était visiblement en train de répondre à une «  commande  », comme l’explique pudiquement l’avocate Mathilde Kasprzyk. Inutile d’espérer en savoir plus. H. et J. B., 27 ans, défendu par Charles Lecointre, préfèrent subir les foudres de la justice que celles du caïd leur ayant confié cette mission de déconstruction. Sanction : six mois de prison chacun, mais ils ont été laissés libres et devront négocier leur sort avec un juge d’application des peines.

À Lille, les jeunes avocats entre liberté, espoir et désillusions

Le 16 mai 2017 AVOCAT | Formation | Organisation de la profession Paroles de jeunes avocats lillois.

 

Selon le récent rapport Haeri 1,45 % des avocats en France ont moins de 40 ans. Cette statistique est d’autant plus parlante lorsqu’on l’associe à l’augmentation rapide et constante du nombre d’avocats exerçant sur le territoire2. Certains craignent de voir la profession engorgée par la jeunesse, quand cette même jeunesse abandonne parfois après seulement quelques années devant la précarité de leur activité. Le barreau de Paris, par sa densité3, cristallise régulièrement ces difficultés mais les barreaux provinciaux, comme le barreau de Lille, n’échappent pas à ce phénomène et tentent, avec plus ou moins d’efficacité, d’y faire face.

 

« J’ai ressenti très vite une désillusion, surtout au niveau de la rémunération. » Me Mathilde Kasprzyk, Présidente de l’Union des jeunes avocats (UJA) de Lille, pointe immédiatement le principal obstacle que rencontrent les avocats. Au cours de sa première année de collaboration, un avocat bénéficie d’une rétrocession de 2 150 €, la deuxième année, 2 350 €. Montant duquel il convient de retirer entre 40 et 50 % de charges. « Il faut faire tomber les désillusions, l’avocat n’est pas riche », rappelle encore Mathilde Kasprzyk. Avant d’expliquer que l’UJA de Lille se bat pour une revalorisation significative de cette rétrocession. Le collaborateur libéral a également la possibilité de développer la clientèle personnelle afin de compléter ses revenus : « Encore faut-il que le cabinet d’accueil joue le jeu et leur laisse le temps de le faire » veille la présidente de l’association syndicale. Malgré cette difficulté, l’optimisme est de rigueur : « Mon sentiment est que tout est réuni pour que les jeunes avocats démarrent bien dans la vie, mais il faut rester vigilants », avant de conclure : « En revanche, je ne ressens aucune discrimination relative à notre jeunesse devant les juridictions. Nous sommes avocats, point ».

 

Le barreau de Lille, l’un des plus peuplés de France4, est très actif et s’emploie à mettre en place plusieurs mesures afin de faciliter l’intégration de la jeunesse au sein de la profession. Marie-Christine Dutat, présidente de la Commission « Jeune barreau, collaboration et installation » et membre du Conseil national du barreau (CNB), égraine ces nouvelles mesures : numéro SOS collaboration joignable en cas d’urgence 24h/24 et 7j/7, incitation à la souscription d’une assurance couvrant la perte d’une collaboration, accompagnement et aide à l’installation, service d’aide en cas de maladie ou de maternité ou encore un service de prise en charge des avocats en faillite et la mise en place de « pépinières », autrement dit, des regroupements de jeunes avocats dans l’optique d’une installation commune.

 

Toutes ces mesures sont récentes, et ont comme seul objectif d’accompagner la jeunesse. Me Dutat se veut donc optimiste : « Non, il n’y a pas trop d’avocats, par rapport aux autres pays européens, nous sommes très peu. Finalement, nous avons plus de problèmes avec les confrères âgés qu’avec les jeunes ». L’avocate voit la collaboration comme un tremplin à très court terme : « une ou deux années maximum », après il convient de déployer ses ailes. Ceci étant dit, ces mesures ne semblent pas faire l’objet de la communication qu’elles mériteraient, Diane Laur, élève-avocate à l’IXAD5, et avocate dans quelques semaines, n’avait jamais entendu parler de ces dispositifs.

 

Mais qu’en est-il des principaux concernés ? Ces jeunes avocats qui ont prêté serment depuis seulement quelques années, voire quelques mois ? Baptiste Buissart, avocat depuis 2015, admet que « la rémunération de l’avocat collaborateur libéral est loin de l’image que renvoie l’avocat, et cela est très compliqué de se contenter de la rétrocession, il faut provisionner dès les premières semaines. Mais cette rétrocession est une sécurité appréciable ». Il connaissait l’existence des mesures d’aide du barreau, notamment le numéro SOS collaboration, mais espère ne jamais avoir à l’utiliser.

 

Diana Tir, avocate depuis quelques mois, a trouvé une collaboration avant même sa prestation de serment mais a vite déchanté : « Elle ne m’a pas satisfaite, je n’avais aucune possibilité de développer ma clientèle personnelle ». La jeune avocate s’est donc inscrite au barreau de Douai, où son cabinet d’accueil la laisse enfin développer sa propre clientèle mais cela reste compliqué : « Je paie 45 % de charges, après tant d’années d’étude, oui c’est la crise ! » Un autre s’est tout de suite inscrit au barreau d’Arras : « C’était compliqué de trouver une collaboration à Lille, ici, il y beaucoup de permanences et de commissions d’office ». Tous trois sont unanimes, à tout nouvel arrivant dans la profession, ils conseilleraient, sauf offre exceptionnelle, de s’installer dans un petit barreau pour ensuite, une fois une certaine réputation acquise, revenir à Lille.

 

Nora Missaoui-Lefebvre, avocate depuis novembre dernier, a quant à elle pris la décision de s’installer seule aussitôt après sa prestation de serment : « J’avais postulé auprès de plusieurs cabinets sans obtenir de réponse de la part de la majorité de mes confrères. Je n’ai pas personnellement contacté le barreau car dès le départ, j’avais l’intention d’ouvrir mon cabinet ». Bien qu’elle ne se verse encore aucun salaire, elle ne regrette pas sa décision : « La liberté qui est la mienne aujourd’hui me convient parfaitement et me permet de m’épanouir tant dans ma vie familiale que professionnelle ».

 

1. Rapport confié par Jean-Jacques Urvoas, ancien garde des Sceaux, ministre de la justice à Kami Haeri, avocat au Barreau de Paris, févr. 2017.

2. Passant de 30 000 avocats en 1995 à un peu plus de 63 000 en 2015 selon le rapport Haeri.

3. Environ 25 000 avocats sont inscrits au barreau de Paris. Le barreau prévoit 35 000 inscrits en 2020.

4. 1 181 selon le site internet du barreau de Lille

5. École des avocats de la région Nord-Ouest, appelée IXAD, elle est située à Lille dans les locaux de l’université Lille 2.

 

 

par Rémi Flamant

RONCHIN

Un cambrioleur se dit «victime d’un complot illuminatique»

Il est entré dans le box des prévenus en chantonnant entre ses dents. «  Kamel B., c’est vous ?  » lui demande le président Jacques Huard. «  À ce qu’il paraît  » répond un prévenu dont le comportement tout au long de l’audience fera dire à la procureure Aline Clérot : «  On est dans l’entre-deux. Entre le pénal et la psychiatrie  ».

Le médecin qui avait examiné le trentenaire en garde à vue juste après son arrestation l’avait expédié directement à l’hôpital psychiatrique, l’estimant néanmoins accessible à une sanction pénale avec un discernement altéré. Kamel B. a ensuite été transféré à l’unité psychiatrique pénitentiaire (UHSA) en attendant l’audience de mercredi où il était jugé pour un cambriolage, le 18 septembre à Ronchin.

Il avait été arrêté sur place par des voisins, avec un sac contenant le butin du vol. Avant l’audience, il a refusé l’expertise demandée par le tribunal. On ne saura donc pas si le discours délirant qu’il a tenu mercredi est dû à sa schizophrénie ou à de la manipulation comme l’envisageait la procureure Aline Clérot. «  Je suis victime d’un complot illuminatique  », répétera Kamel B. Le président Jacques Huard ne se laisse pas démonter : «  Vous reconnaissez être entré chez Monsieur ?  ». Ce ne sont pas les preuves qui manquent, le propriétaire des lieux le dira à la barre : Kamel B. a laissé dans la maison des traces de sang un peu partout après s’être blessé à la main en brisant une vitre pour entrer.

Un manipulateur ?

Mais pour répondre au président, Kamel B. se tourne vers le public, s’emparant du micro comme d’une tribune : «  Je lui ai dérobé son intérieur, on m’a dérobé mon intérieur  ». Et il sourit, balayant la salle de ses yeux fous. Me Mathilde Kasprzyk plaide l’irresponsabilité pénale : «  Si mon client est un manipulateur, c’est un sacré comédien ». De Kamel B., le tribunal ne saura pas grand-chose, le prévenu a envoyé «  bouler  » l’enquêteur de personnalité. Des bribes de sa vie ont été reconstituées : il est sous curatelle renforcée, vit sans domicile fixe, suivi par l’ABEJ à Lille. Il a treize mentions sur son casier judiciaire.

La procureure Aline Clérot avait requis huit mois de prison en déplorant : «  Notre seule solution, c’est l’unité psychiatrique pénitentiaire  ». Le tribunal a condamné Kamel B. à quatre mois de prison auxquels s’ajoutent neuf mois de sursis révoqué. Kamel B. est reparti à l’unité psychiatrique pénitentiaire.

Lille : plus de 90 000 € de drogue de synthèse saisis dans un autocar 

TOURCOING

Une ordonnance volée devait servir à acheter du subutex en pharmacie

L’ordonnance se révélera volée, l’homme est arrêté tout comme l’ami qui l’accompagne. Les policiers établissent que, la veille, Jorge B., 24 ans, a tenté d’obtenir du subutex avec la même ordonnance à la pharmacie Catteau.

Ce jeudi après-midi, l’homme de nationalité congolaise comparaissait pour escroquerie et tentative d’escroquerie. Également dans le box, Daniel K., 25 ans, de nationalité angolaise, prévenu de recel de subutex et d’une ordonnance volée. Tous deux se connaissent depuis trois semaines, rapprochés par leur isolement en France.

Contre eux, la procureure Élodie Buguel va requérir six mois de prison ferme et un mandat de dépôt. Elle considère que les faits sont graves   : «  Derrière ces faits, il y a la problématique de trafic du subutex, un problème de santé publique  ». Même si leur casier judiciaire est vierge, la représentante du ministère public considère que leur hébergement en foyer n’est pas une garantie suffisante pour permettre une peine aménageable.

De la prison avec sursis

Me  Mathilde Kasprzyk, en défense, s’élève contre la lourdeur de la peine et déplore que ses deux clients soient considérés de la même façon. Pour Daniel K., elle plaide la relaxe   : «  On n’a pas trouvé d’ordonnance volée sur lui  ». Quant aux treize plaquettes de subutex qu’on l’accuse d’avoir dissimulé dans la voiture de police : «  Les policiers l’ont fouillé avant de monter, ils n’ont rien trouvé  ».

Jorge B. a reconnu avoir tenté d’obtenir du subutex dans les deux pharmacies : « Moyennant 20 euros, il a été assez stupide pour accepter de faire l’achat pour le compte d’un autre beaucoup plus malin  ».

Jorge B. a été condamné à six mois de prison avec sursis. Daniel K. a été relaxé pour le recel et condamné à trois mois de prison avec sursis pour la détention de subutex.

« J’ai mis deux heures pour cambrioler la boutique Charles et Charlus », raconte le condamné

« S’attaquer à ce genre de boutique de luxe, cela suppose d’avoir des connaissances pour écouler la marchandise. On peut penser à un réseau de criminalité organisée. »

La procureure n’est pas loin de penser que l’homme, dénoncé par un informateur, n’a pas agi seul. Pour elle, il y a trop d’incohérences : «  Huit sacs-poubelles chargés de sacs, il faut les trimballer  » ; «  vous empruntez une voiture au milieu de la nuit  »… Elle renchérit : «  S’attaquer à ce genre de boutique de luxe, cela suppose d’avoir des connaissances pour écouler la marchandise. On peut penser à un réseau de criminalité organisée.  » Et de rappeler que Fessal Boulanouar est aussi jugé pour avoir tenté de cambrioler le 16 avril, la boutique de lingerie La Perla, rue Grande-Chaussée.

Dans le box, le prévenu n’en démord pas : il était alcoolisé, il a des dettes… Son avocate le rejoint sur son parcours de vie difficile. Me Mathilde Kasprzyk raconte un basculement dans la délinquance à 30 ans : «  Sa vie dégringole. Il perd son appartement, sombre dans la cocaïne. Il plongera dans l’alcool pour se sevrer de la cocaïne et se met à fumer du cannabis pour arrêter de boire.  » Fessal Boulanouar a neuf mentions sur son casier judiciaire. Au cours de la perquisition, les policiers ont trouvé deux cents grammes de résine de cannabis. Il maintient qu’il a agi seul : «  Je comptais revendre les sacs 100 à 150 euros pièce.  » Chez lui, il avait même griffonné sur un bout de papier, une estimation des gains qui figure désormais parmi les scellés.

Mandat de dépôt

Les sacs ont été restitués. Le commerçant, qui avait estimé le butin à 60 000 euros, dit qu’il manque quarante pièces. Ce que conteste le prévenu. La procureure avait requis deux ans de prison ferme dont six mois assortis du sursis avec mise à l’épreuve ; la défense a plaidé un travail d’intérêt général et une obligation de soins car Fessal Belanouar, titulaire d’un bac électro-technique travaille comme intérimaire dans le bâtiment. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec mandat de dépôt dont six mois assortis d’un sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans.

ARMENTIÈRES ET WASQUEHAL

Le faux salarié du tribunal atterrit dans une vraie cellule

 

LILLE

Il «offre» les passeports de son fils et sa femme

 

« Je voulais rendre service »

«  Je voulais rendre service, admet dorénavant le prévenu. Leur mari et père vit à Londres et cette famille est séparée depuis des années.  » D’où ce geste, à la fois inconscient et, jure Marco C., désintéressé. Sauf que, de lui-même, l’Italien admet avoir déjà empoché un acompte de trois mille euros. Sans parler des deux mille qui l’attendaient en Angleterre. «  Cet argent, c’était juste un remerciement pour avoir donné des papiers, se défend Marco C. Si cette maman avait parlé italien, mon rôle se serait arrêté là. Je n’aurais pas eu à l’accompagner...  » Restent quelques détails fâcheux. L’investissement consacré à cette expédition paraît pharaonique. Outre les cinq mille euros destinés à ce passeur se jurant très occasionnel, il a fallu débourser trois cents euros pour chaque billet Eurostar. Sans oublier le trajet depuis l’Italie.

 

Pourtant, Mathilde Kasprzyk, l’avocate de Marco C. est persuadée de la sincérité de l’Italien. «  Qui serait assez stupide pour utiliser les papiers de sa propre famille ?  », s’emporte la défenseure. La procureure Cyndra Celino lui oppose, de son côté, des dettes tellement envahissantes que les créanciers appelaient sur le portable du suspect durant la garde à vue. Sanction : douze mois de prison avec sursis.